La Fabrique de l'hospitalité | LE BLOG

Laboratoire d'innovation des Hôpitaux universitaires de Strasbourg

Les Godenettes, un Ehpad pas comme les autres

Lors d’un récent voyage d’études dans le Nord de la France (lire aussi notre rencontre avec l’architecte Marie Blankaert), nous avons visité l’Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de la commune de Trith-Saint-Léger en compagnie de son architecte, Jean-Luc Collet. Nous pourrions résumer notre expérience ainsi : nous avons passé près de deux heures dans ce bâtiment sans ressentir le moindre inconfort, bien au contraire. Très ouverts sur l’extérieur, baignés de lumière naturelle malgré un temps maussade, les espaces de cet Ehpad pas comme les autres invitent à une détente du corps et de l’esprit. Pas de sensation d’oppression ni d’enfermement, pas de mauvaises odeurs, les sons sont feutrés, la circulation dans le bâtiment semble fluide et naturelle.

Nous vous laisserons découvrir dans l’Article sur l’Ehpad les Godenettes paru dans la revue Techniques hospitalières, toutes les prouesses techniques déployées pour rendre ce bâtiment confortable et économe : les puits canadiens (visités !), les vitrages pariétodynamiques, la ventilation naturelle, la récolte des eaux de pluie ou encore les panneaux photovoltaïques situés sur les terrasses. Ce qui nous intéresse plus particulièrement ici, c’est combien la vision politique de Jean-Luc Collet de ce que devrait être un Ehpad se mêle à l’innovation technique pour aboutir à ce projet d’une très grande qualité d’usage. Comme toujours dans ce type d’aventure, c’est la persévérance, la combativité, la stratégie et l’intelligence relationnelle conjugués à une vision politique qui permettent à un maître d’oeuvre et à un maître d’ouvrage de matérialiser ce qui semble d’abord être une utopie. Lui donner corps, lui donner un lieu. M. Collet nous pardonnera, nous l’espérons, les raccourcis dont nous userons pour parler d’un travail d’ingénierie extrêmement complexe. Pour qui s’intéresse à la commande publique en architecture, qui plus est en milieu de santé, qui plus est pour des personnes dépendantes, voit se dresser devant lui l’accumulation des normes qui mises bout à bout tendent à transformer le moindre bâtiment en cadavre exquis. Pour ne donner qu’un exemple parmi tous ceux qui ont été cités lors de notre visite, il y a le Plan bleu, qui donne notamment l’obligation de prévoir une pièce « réfrigérée » dans les établissements recevant des personnes âgées suite à la canicule de 2003. L’architecte répond par un bâtiment offrant des températures maîtrisées dans la totalité de ces espaces, même par temps très chaud et par des procédés naturels. C’est moins cher, plus confortable mais cela demande d’aménager les normes des pompiers, des assureurs, des contrôleurs techniques et de bien d’autres encore. Au-delà du dessein et de l’ingénierie, cela demande des capacités de conviction, de médiation et d’invention qui ne sont pas enseignées dans les écoles. Ces ressources, trop rares, feront que longtemps encore lorsque nous visiterons ce type de bâtiment ou lorsque nous les habiterons, ce sera la boule au ventre.

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Cette entrée a été publiée le 27 novembre 2012 par dans Général, et est taguée , , , , .
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